LilithLa douleur est une mer. Elle a ses marées. Parfois, elle se retire, laissant une brûlure sourde et persistante, un braise couvante sous la peau. Puis, sans avertissement, une vague de feu déferle, si aiguë et précise que ma vision se brouille et que je dois m’arrêter, m’appuyer contre un mur, les dents serrées pour ne pas hurler.Cela dure depuis des jours. Je ne dors plus. Le sommeil est un champ de mines où la douleur me réveille en sursaut, le corps trempé d’une sueur froide. Je ne mange presque plus. La nourriture a le goût de cendres. Je règne, je donne des ordres, je siège au Conseil, mais je ne suis qu’une coquille, un automate dont les gestes sont guidés par l’habitude et la peur de dévoiler ma faiblesse.Ils doivent le sentir. Mes lieutenants. Leurs regards se font plus insistants, plus calculateurs. Ils voient la pâleur de mon teint, les cernes sombres qui creusent mes yeux, la façon dont je tiens mon bras gauche, raide, comme s’il n’était plus tout à fait à moi. Le p
Last Updated : 2025-11-21 Read more