ArianaLe silence est la première chose qui m’assaille. Un silence épais, lourd, artificiel. Ils ont même coupé le bourdonnement des ventilateurs, absorbé par une isolation acoustique parfaite. Seul le battement affolé de mon cœur, un tambour sauvage contre mes côtes, vient troubler ce vide sonore.Je suis assise par terre, le dos contre la baie vitrée. La froideur du verre me transperce les vêtements, un rappel glaçant de mon impuissance. Gênes s’étale à mes pieds, un tapis de diamants noirs et de feux orangés. La vie. La liberté. Ici, à quelques centaines de mètres de tout cela, je suis déjà enterrée vivante.Mes doigts tremblants effleurent la blessure à ma tempe, là où l’un des hommes de Nikos m’a plaquée au sol dans la sacristie. Une douleur sourde, persistante. Une marque de plus.Je ferme les yeux, je cherche en moi la fureur qui m’a poussée à lui planter cette lame dans le bras. Elle est là, tapie, mais étouffée par une vague de terreur si profonde qu’elle en est paralysante.
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