LOGINElle éclate d'un rire sans joie, un rire qui ressemble à un aboiement.— Non, Cassia. Tu ne joues pas. Tu joues à l'amour. Et la différence est énorme.— Quelle différence ?— Quand on joue le jeu, on garde le contrôle. On sait qu'on ment. On sait qu'on manipule. On reste maître de ses émotions. Mais toi, tu as perdu le contrôle. Tu es tombée amoureuse. Vraiment. Profondément. Et ça, c'est la pire des défaites.Ses mots me frappent comme des gifles. Je voudrais protester, nier, me défendre. Mais je ne peux pas. Parce qu'elle a rais
Les yeux d'Anton se posent sur moi, intenses, perçants.— Que vous arriviez, Cassia. Il vous attendait. Il savait que vous viendriez un jour venger votre sœur. Et il savait que vous vous tromperiez de cible.Le silence retombe dans la serre, seulement troublé par le goutte-à-goutte de l'arrosage automatique.— Vous travaillez pour Nikos, Anton ?La question sort avant que je puisse la retenir. Directe. Brutale. Définitive.Anton me regarde longuement. Son visage ne trahit aucune émotion.
Les jours suivants, je deviens une ombre dans la maison. J'observe, j'écoute, je note mentalement chaque détail, chaque comportement suspect, chaque parole qui pourrait être un indice.Nikolas, le chef de la sécurité, est un homme brutal, direct, qui ne cache pas son antipathie pour moi. Il me regarde comme on regarde un parasite, avec un mélange de mépris et de méfiance. Mais est-ce suffisant pour faire de lui une taupe ? Sa haine est trop ouverte, trop visible. Les taupes se cachent dans l'ombre, pas dans la lumière.Elena, la conseillère stratégique, est tout le contraire. Polie, élégante, elle me sourit quand nous nous croisons, me demande poliment comment je vais. Mais ses sourires n'atteignent jamais ses yeux. Elle me jauge, m'évalue, comme si elle cherchait à percer mon masque. Une femme aussi intelligente pourrait facilement jouer un double jeu.Dimitri, le responsable des opérations, est un homme discret, presque effacé. Il parle peu, sourit encore moins. Il passe ses journée
Le silence s'installe entre nous, lourd de implications. Si la taupe découvre que je suis la sœur de Cassandre, que je suis venue ici pour venger sa mort, que je travaille maintenant avec Alexandre pour détruire Nikos, tout est fini. Nikos saura tout. Et il frappera avant que nous ayons pu lever le petit doigt.— Donne-moi les noms, dis-je.Il ouvre un tiroir, en sort une feuille de papier qu'il fait glisser vers moi sur le bureau. Cinq noms, écrits de son écriture anguleuse et précise.Nikolas Petrov - Chef de la sécuritéElena Vasseur - Conseillère stratégiqueAnton Morea
Le silence retombe entre nous. Alexandre caresse doucement mon bras, un geste apaisant, presque inconscient.— C'est une histoire triste, dit-il.— Toutes mes histoires sont tristes. C'est pour ça que je ne les raconte jamais.— Raconte-les-moi quand même. Toutes. Je veux les connaître. Je veux te connaître.— Pourquoi ?— Parce que je t'aime. Et que l'amour, c'est aussi connaître les histoires tristes de l'autre. C'est les porter avec lui pour que le fardeau soit moins lourd.
Il hoche la tête, comme s'il prenait acte de ma réponse. Puis il se penche à nouveau, et cette fois, il n'y a plus de retenue, plus de prudence, plus de distance.Nous faisons l'amour avec la violence de l'orage qui fait rage dehors. Chaque mouvement est une vague qui nous emporte, chaque respiration un coup de tonnerre. Nos corps se cherchent, se trouvent, se perdent, se retrouvent dans une chorégraphie désespérée.Il est en moi, et pour la première fois, ce n'est pas une métaphore. Il est vraiment en moi, physiquement, totalement, absolument. Je le sens dans chaque fibre de mon être, dans chaque battement de mon cœur, dans chaque inspiration. Il est partout. Il est tout.
La sirène n'était pas un salut. C'était un leurre, un grésillement lointain dans la nuit qui n'a fait qu'aiguiser la férocité de Nikos. La Mercedes a quitté les lieux avec une tranquillité obscène, ses pneus ne crissant même pas sur le gravier, comme si la voiture elle-même était une extension de l
CassiaDes regards se collent à moi. Des regards d’hommes, avides, fascinés. Des regards de femmes, jalouses ou admiratives. Je les absorbe. Ce sont des preuves. Je suis encore là. Je peux encore attirer, troubler, exister par moi-même.Léa crie quelque chose à mon oreille, inaudible. Chloé rit, to
CassandreLa porte est close. Le silence de l’écrin blanc et parfait s’épaissit, devient palpable. Il pense m’avoir enfermée ici avec ma rage, qu’elle va tourner en rond, s’user contre les murs lisses. Il pense que la solitude et le luxe vont me travailler, me rendre malléable.Il se trompe.La rag
ArianaLe silence est la première chose qui m’assaille. Un silence épais, lourd, artificiel. Ils ont même coupé le bourdonnement des ventilateurs, absorbé par une isolation acoustique parfaite. Seul le battement affolé de mon cœur, un tambour sauvage contre mes côtes, vient troubler ce vide sonore.







