ログインCassiaLa chambre est silencieuse. Alexandre est parti depuis une heure, appelé par une urgence dont il ne m'a rien dit. Je suis seule face au grand miroir en pied qui trône dans un coin de la pièce.Je me regarde.La femme dans le miroir me regarde aussi. Elle a mes yeux, ma bouche, mes cheveux défaits. Elle porte ma robe de chambre, celle qu'Alexandre m'a offerte la semaine dernière, en soie bleue, trop luxueuse pour une fille des montagnes comme moi.Mais est-ce vraiment moi ?Je m'approche du miroir, jusqu'à ce que mon souffle embue la surface froide.
Elle éclate d'un rire sans joie, un rire qui ressemble à un aboiement.— Non, Cassia. Tu ne joues pas. Tu joues à l'amour. Et la différence est énorme.— Quelle différence ?— Quand on joue le jeu, on garde le contrôle. On sait qu'on ment. On sait qu'on manipule. On reste maître de ses émotions. Mais toi, tu as perdu le contrôle. Tu es tombée amoureuse. Vraiment. Profondément. Et ça, c'est la pire des défaites.Ses mots me frappent comme des gifles. Je voudrais protester, nier, me défendre. Mais je ne peux pas. Parce qu'elle a rais
Les yeux d'Anton se posent sur moi, intenses, perçants.— Que vous arriviez, Cassia. Il vous attendait. Il savait que vous viendriez un jour venger votre sœur. Et il savait que vous vous tromperiez de cible.Le silence retombe dans la serre, seulement troublé par le goutte-à-goutte de l'arrosage automatique.— Vous travaillez pour Nikos, Anton ?La question sort avant que je puisse la retenir. Directe. Brutale. Définitive.Anton me regarde longuement. Son visage ne trahit aucune émotion.
Les jours suivants, je deviens une ombre dans la maison. J'observe, j'écoute, je note mentalement chaque détail, chaque comportement suspect, chaque parole qui pourrait être un indice.Nikolas, le chef de la sécurité, est un homme brutal, direct, qui ne cache pas son antipathie pour moi. Il me regarde comme on regarde un parasite, avec un mélange de mépris et de méfiance. Mais est-ce suffisant pour faire de lui une taupe ? Sa haine est trop ouverte, trop visible. Les taupes se cachent dans l'ombre, pas dans la lumière.Elena, la conseillère stratégique, est tout le contraire. Polie, élégante, elle me sourit quand nous nous croisons, me demande poliment comment je vais. Mais ses sourires n'atteignent jamais ses yeux. Elle me jauge, m'évalue, comme si elle cherchait à percer mon masque. Une femme aussi intelligente pourrait facilement jouer un double jeu.Dimitri, le responsable des opérations, est un homme discret, presque effacé. Il parle peu, sourit encore moins. Il passe ses journée
Le silence s'installe entre nous, lourd de implications. Si la taupe découvre que je suis la sœur de Cassandre, que je suis venue ici pour venger sa mort, que je travaille maintenant avec Alexandre pour détruire Nikos, tout est fini. Nikos saura tout. Et il frappera avant que nous ayons pu lever le petit doigt.— Donne-moi les noms, dis-je.Il ouvre un tiroir, en sort une feuille de papier qu'il fait glisser vers moi sur le bureau. Cinq noms, écrits de son écriture anguleuse et précise.Nikolas Petrov - Chef de la sécuritéElena Vasseur - Conseillère stratégiqueAnton Morea
Le silence retombe entre nous. Alexandre caresse doucement mon bras, un geste apaisant, presque inconscient.— C'est une histoire triste, dit-il.— Toutes mes histoires sont tristes. C'est pour ça que je ne les raconte jamais.— Raconte-les-moi quand même. Toutes. Je veux les connaître. Je veux te connaître.— Pourquoi ?— Parce que je t'aime. Et que l'amour, c'est aussi connaître les histoires tristes de l'autre. C'est les porter avec lui pour que le fardeau soit moins lourd.
CassandreEt puis, je le sens.Une présence nouvelle dans l’ombre.Un froid dans la nuque qui n’a rien à voir avec la climatisation.Je ne tourne pas la tête.Je continue à fixer l’objectif, mon visage un masque de marbre.Mais du coin de l’œil,je perçois un mouvement dans le coin sombre, près du ca
CassandreLe studio est un hangar de lumière et d’ombres. Des hauteurs du plafond, des projecteurs pendent comme des guêpes métalliques, éteints pour l’instant. Des rouleaux de fonds en papier, des paravents, des échelles. L’air sent la poussière et le café froid. Une nervosité créative palpable. E
CassandreLe soleil du matin frappe les volets fermés, découpant des lames de lumière poussiéreuses sur le sol en marbre. La nuit a été courte, hachée par l’échange avec Sophie et les fantômes qu’il a réveillés. Mes yeux sont cernés, ma tête lourde. Mais le planning de Nikos, gravé dans un marbre i
ArianaJe tends une main. Elle tremble comme une feuille. Je la rapproche du clavier. Le curseur clignote à côté de la fenêtre du message.Je pourrais répondre. Quelque chose de court. De rassurant. De cryptique. Quelque chose qui lui dirait que je suis en vie sans la mettre en danger, sans révéler







