ÉlianorL’hôpital sent l’antiseptique et l’angoisse. Un parfum qui colle à la peau, aux vêtements. Je marche dans les couloirs aux lumières blafardes, le pas trop rapide, le cœur un bloc de glace qui refuse de fondre. Le souvenir du baiser, de la scène de la cuisine, tourne dans ma tête comme un essaim furieux. J’ai besoin de me raccrocher à quelque chose de concret, de sombre mais de familier. La trahison d’un père, c’est un terrain que je connais. Mieux que celui, bouleversant, d’un désir qui me trahit moi-même.La chambre de mon père est une cellule blanche et bleue. Il est là, allongé, plus petit que dans mes souvenirs. Des tubes serpentent de son bras. Une machine émet un bip régulier, monotone, preuve de vie. Son teint, hier cireux et livide, a retrouvé une pâleur plus humaine. Ses yeux sont ouverts. Ils me suivent lorsque j’entre, mais ils sont vitreux, troubles. Le poison a fait son œuvre au-delà du corps.– Élianor… C’est toi ?Sa voix est rauque, usée, mais il y a une note d
Last Updated : 2026-02-17 Read more