LéandrosLa nuit est un vide bruissant. Le manoir dort, ou fait semblant. Moi, je veille, prisonnier d’une cellule dont les murs sont faits de son souvenir. Le whisky ne fait qu’attiser le feu au lieu de l’éteindre.Toute la nuit, je pense à elle.Je pense à cette trace de fusain sur sa joue, un stigmate de création que j’ai eu envie d’effacer du pouce. Non pour la nettoyer, mais pour la sentir, cette poussière de carbone mêlée à la chaleur de sa peau. Sa peau… Une surface que je n’ai jamais touchée, sinon par violence ou par nécessité. Je l’imagine sous mes paumes. Non pas la fermeté d’un otage, mais la chaleur vivante d’un corps qui s’abandonne. Je la veux courbée sur une toile, oui, mais je la veux aussi courbée sous moi, son souffle se mêlant au mien, ses doigts tachés de couleur s’accrochant à mes épaules.Ses lèvres. Ces lèvres qui ont prononcé un « merci » déchirant. Je les imagine s’entrouvrant, non pour parler, non pour avaler un médicament ou un affront, mais sous la pressio
Last Updated : 2026-01-25 Read more