ÉleniLe réveil est doux, flottant, comme si je remontais à la surface d'une eau profonde après y avoir séjourné longtemps. La lumière du matin filtre à travers les rideaux épais, dessine des raies dorées sur les draps en désordre, sur mes bras nus, sur l'oreiller à côté de moi.L'oreiller est vide.Pendant une seconde, la panique me saisit. Une seconde idiote, viscérale, où je crois que tout cela n'était qu'un rêve, que je vais me retourner et me retrouver seule dans ma chambre de prisonnière, que la nuit dernière n'a jamais existé.Et puis je sens l'odeur du café.Je tourne la tête, lentement, comme si le geste pouvait briser un sort.Il est là.Assis dans le fauteuil près de la fenêtre, une tasse à la main, vêtu d'un simple pantalon noir, torse nu. La lumière dessine les muscles de ses épaules, les ombres de son torse, la ligne parfaite de sa mâchoire. Il me regarde. Il doit me regarder depuis longtemps, à en juger par la façon dont ses yeux s'attardent sur moi, doux, presque émerv
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