ALEXANDER VANCEL’air de la nuit urbaine, chargé d’échos lointains de fête et d’essence, cède la place au silence feutré de la Bentley. La vitre noire me renvoie mon propre reflet, l’homme impeccable de la soirée, mais les yeux ont changé. Le vernis social s’est craquelé, laissant apparaître la lueur froide, implacable, de l’homme en dessous. Celui qui ne joue plus.Je ne rentre pas à la tour.Un mot, envoyé plus tôt dans la soirée, a fixé le rendez-vous. Une seule adresse pour ce genre de conversation. La seule où je ne suis pas Alexander Vance, magnat impitoyable, mais simplement Vance. Ou, pour un seul autre homme, Alex.La voiture glisse dans le quartier des théâtres, puis s’enfonce dans un dédale de ruelles moins policées, où les néons criards des fast-foods et les enseignes déglinguées des bars à shots côtoient des portes discrètes, sans nom. Elle s’arrête devant l’une d’elles : une simple porte en acier noir, encadrée de briques sombres. Aucune enseigne. Juste un œilleton élect
Last Updated : 2026-02-03 Read more