IvyL’obscurité qui vient n’est pas celle de la terre. Elle est chimique, douceâtre, et elle m’emporte sans un combat.La douleur est une mer. Une marée rouge, brûlante, qui monte et descend avec les battements de mon cœur, mais qui ne se retire jamais complètement. Je émerge par fragments, entre deux vagues d’agonie. Des visions floues : le plafond, le visage crispé de Roy essuyant mon front, la forme sombre de Léo vérifiant des perfusions.Mon visage n’existe plus. Il est un champ de bataille bandé, gonflé, traversé de tuyaux et de drains. Une prison de gaze et de sang séché. La douleur est partout, mais concentrée en points précis de feu : les mâchoires, les yeux, la poitrine, les hanches. Chaque souffle est un effort. Chaque battement de paupière sur mes yeux tuméfiés est une épreuve.Roy est à mes côtés, jour et nuit. Le clinicien est de retour, mais son masque est fissuré par l’horreur. Il administre les analgésiques, nettoie les drains, mesure ma température, surveille les sign
Last Updated : 2026-01-02 Read more