AudeLe monde se réduit à cette image. Lorenzo à genoux, le canon de Vitale sur sa tempe. Ses yeux qui se ferment, résignés. Il va mourir. Il va mourir pour moi, par ma faute, et je ne peux rien faire, attachée à cette chaise, les poignets en sang, impuissante.C'est inacceptable.Quelque chose se brise en moi. Une digue. Une limite que je ne savais pas avoir. La douleur dans mes poignets s'efface, remplacée par une vague de chaleur qui monte de mes entrailles, qui envahit mes membres, qui efface la fatigue et la peur. C'est une rage primale, volcanique, qui ne laisse place à rien d'autre qu'à une certitude absolue : il ne mourra pas. Pas ce soir. Pas devant moi.
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