Et puis j'ouvre mon sac.La première toile est rugueuse sous mes doigts, pleine d'imperfections. Le premier tube de peinture est bleu, un bleu presque violet, profond comme les abysses. Je le presse, la couleur coule sur ma palette improvisée, épaisse, odorante.Mon pinceau plonge dans le bleu, glisse sur la toile. Le geste est maladroit d'abord, hésitant. Mes doigts ont oublié comment on fait. Mon poignet a perdu sa souplesse, mon œil sa précision.Mais petit à petit, le mouvement revient. La mémoire du corps, plus profonde que celle de l'esprit. Le pinceau danse sur la toile, laisse derrière lui des traces de couleur, des vagues, des courbes, des ombres.Je peins la mer. Pas la mer que je vois, turquoise et scintillante sous le soleil. Une autre mer, plus sombre, plus profonde, plus mystérieuse. Une mer qui ressemble à celle que je porte en moi, immense et insondable, pleine de courants contraires et de créatures invisibles.L
最後更新 : 2026-05-21 閱讀更多