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Chapitre 189 : Le Portrait dans le Noir

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2026-05-23 04:06:58

Valentina

La nuit est tombée depuis longtemps. Le village dort, la mer respire au loin, la lune éclaire faiblement les murs blanchis à la chaux. Je suis allongée sur mon lit, les yeux ouverts dans le noir, le corps tendu, l'esprit en ébullition.

Mateo m'a souri aujourd'hui. Son sourire simple, sans mystère, qui ne promet rien d'autre que ce qu'il est. Ses yeux clairs qui me regardent comme on regarde un être humain, pas une proie, pas une possession, pas une chose.

J'ai souri en retour. Un vrai
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    ValentinaL'aube me trouve encore éveillée.Je suis assise sur le sol de l'atelier, le dos contre le mur, la toile serrée contre ma poitrine. La bougie s'est éteinte depuis longtemps, consumée jusqu'à la dernière goutte de cire. La lumière grise du petit matin filtre à travers les planches mal jointes, éclaire faiblement les toiles accrochées aux murs.Je n'ai pas dormi. Je n'ai pas pu.Chaque fois que je fermais les yeux, je le voyais. Dans l'ombre de la porte, immobile, silencieux. Ses yeux brillants, sa voix brisée, son corps amaigri par des mois de traque et de souffrance.— Je voulais juste te voir.Les mots tournent dans ma tête, encore et encore. Il voulait juste me voir. Il a traversé le pays, risqué sa vie, bravé ses ennemis, juste pour me voir. Pour savoir si j'allais bien. Pour me demander pardon.Et il est reparti sans me toucher, sans me forcer, sans rien exiger.Ce n'est pas le Diego que je connais. Le Diego que je connais aurait exigé, menacé, possédé. Il m'aurait prise

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    ValentinaJe ne sais pas combien de temps je reste ainsi.Immobile dans le noir, le pinceau suspendu, les yeux fixés sur la porte par laquelle il a disparu. Les minutes passent, ou peut-être les heures. Le temps n'a plus de sens. Plus rien n'a de sens.Il est venu. Il est là, quelque part dans la nuit, dans le village, tout proche. Il m'a retrouvée, il m'a regardée, il m'a parlé.— Je voulais juste te voir.Sa voix résonne encore dans ma tête, rauque, brisée, pleine d'une douleur qui fait écho à la mienne. Ses yeux dans l'ombre, brillants, insoutenables. Son corps amaigri, creusé par des mois de traque et de violence.Il a souffert. Je l'ai vu dans chacun de ses traits, dans chacune de ses rides nouvelles, dans la façon dont ses épaules s'affaissaient comme sous un poids immense. Il a souffert, et c'est ma faute. C'est parce que je suis partie, parce que je l'ai abandonné, parce que je n'ai pas été assez forte pour rester.Mais si j'étais restée, je serais morte. Je le sais, je le sen

  • SÉDUIS-MOI SI TU OSES   Chapitre 199 : La Flamme dans l'Atelier

    ValentinaLa nuit est tombée depuis longtemps. Doña Elena dort dans sa chambre, le village est silencieux, seule la mer continue de respirer au loin.Je ne dors pas. Je ne peux pas dormir.Depuis plusieurs jours, je sens une présence. Une ombre au coin de mes yeux, un frisson sur ma nuque, un silence différent dans les bruits familiers du village. Quelque chose a changé, quelque chose rôde, quelque chose m'observe.Mateo ne sent rien. Les villageois ne voient rien. Doña Elena dort paisiblement, ses rêves peuplés de souvenirs anciens.Mais moi, je sais. Je sens.Je suis dans mon atelier de fortune, une petite remise que Doña Elena m'a prêtée derrière la maison. Les murs sont couverts de toiles, certaines finies, d'autres inachevées, d'autres encore recouvertes de noir. Des toiles qui racontent mon histoire, ma fuite, ma reconstruction. Des toiles qui crient ce que je ne peux pas dire.La bougie vacille sur la table, projetant des ombres mouvantes sur les murs. Je peins, comme chaque nu

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    DiegoLes jours passent, identiques et pourtant insoutenables.Chaque matin, je me poste dans l'ombre, j'attends qu'elle sorte de chez Doña Elena. Chaque jour, je la suis, invisible, silencieux, obsédé.Le marché du mercredi. Elle va d'étal en étal, son panier à la main, choisissant des fruits, des légumes, du poisson frais. Elle marchande avec les vendeurs, rit de leurs plaisanteries, goûte une tranche de mangue qu'on lui tend. Ses doigts sont tachés de peinture, ses cheveux attachés en une queue de cheval lâche, son visage ouvert et confiant.Je suis à quelques mètres, caché derrière un étal de tissus colorés. Je la regarde vivre cette vie simple, ordinaire, que je ne lui ai jamais donnée. Elle est belle dans cette banalité, plus belle que dans les robes de soie et les bijoux que je lui offrais. Elle est elle-même, enfin. Valentina. Pas la prisonnière dorée, pas la femme du chef de cartel, pas la survivante brisée.Juste Valentina.L'après-midi, elle va sur la plage. Pas pour peindr

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    DiegoJe suis revenu.Le village est le même que dans mon souvenir, blanc et bleu sous le soleil éclatant. Les maisons basses aux volets colorés, les ruelles étroites qui descendent vers la mer, les bateaux de pêche qui dansent doucement dans le petit port. La vie coule ici, lente, paisible, comme un fleuve tranquille qui ignore les tempêtes du monde.Je suis une ombre parmi les ombres, un fantôme qui observe sans être vu. Mes vêtements sont ceux d'un voyageur ordinaire, mon visage est caché sous une casquette usée, mes yeux derrière des lunettes sombres. Personne ne me regarde. Personne ne me reconnaît. Je ne suis plus personne.Caché derrière l'angle d'une maison, j'attends. Le soleil monte dans le ciel, la chaleur s'intensifie, l'air devient lourd de sel et de vie. Les villageois vont et viennent, indifférents, occupés à leurs tâches quotidiennes. Des femmes qui balaient le pas de leur porte, des enfants qui courent vers l'école, des vieux qui jouent aux dominos à l'ombre des arbre

  • SÉDUIS-MOI SI TU OSES   Chapitre 195 : La Piste

    DiegoLe sud.Je ne suis jamais allé dans le sud. Mon empire était au nord, à Mexico, dans les montagnes, le long de la frontière. Le sud, c'était le territoire des autres, des rivaux, des ennemis. Le territoire d'Humberto, maintenant. Le territoire où il cache Chiara, où il protège son pouvoir, où il attend que je vienne me jeter dans la gueule du loup.Mais ce n'est pas pour Humberto que je viens. Pas encore.C'est pour elle.L'informateur est un vieil homme, un pêcheur à la retraite qui arrondit ses fins de mois en vendant des renseignements aux plus offrants. Il m'attend dans une cantina crasseuse, à la sortie du village, une bière tiède devant lui, les yeux fixés sur la porte.Je m'assieds en face de lui, je commande un café. Il me regarde, ses yeux usés par le sel et le soleil, pleins d'une méfiance ancienne.— C'est vous, El Espectro ?Sa voix est basse, rauque, pleine de tabac et d'alcool.— Peu importe qui je suis. Vous avez des informations pour moi.Il hoche la tête, lentem

  • SÉDUIS-MOI SI TU OSES   Chapitre 59 : L'Offrande 3

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