Alexandre est déjà habillé quand je sors de la salle de bain. Costume sombre, cravate noire, chemise blanche. Il a les traits tirés, les cernes profonds, mais il est droit, calme, maître de lui. Il ne tremble pas. Ses mains sont posées sur ses cuisses, immobiles. Il me regarde entrer dans le salon, ses yeux croisent les miens, il ne sourit pas, mais ses yeux disent merci.— Prête ? demande-t-il.— Prête.Il me tend la main. Je la prends. Ses doigts sont froids. Je les serre.Dans la voiture, personne ne parle. Il conduit, les mains crispées sur le volant, les yeux fixés sur la route. Je regarde Paris défiler, les immeubles, les arbres, les gens qui marchent, qui vivent, qui ne savent pas ce qui nous attend. J'aimerais être comme eux. J'aimerais ne pas savoir.Devant le siège d'Altus, il y a des photographes. Ils sont là, planqués derrière les arbres, les voitures, les poteaux. Ils nous voient arriver. Les flashs crépitent. Alexandre serre ma main plus fort, ne la lâche pas. Il marche
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