Il m'embrasse. Un baiser doux, tendre, presque triste. Un baiser qui pourrait être le dernier. Un baiser qui contient tout ce qu'on ne peut pas dire, tout ce qu'on ne veut pas imaginer, tout ce qu'on espère malgré tout. Ce soir-là, il reste dîner. Ma mère nous prépare un repas simple, une soupe, du pain, du fromage. On parle peu. On mange moins encore. Les mots sont trop lourds, les silences trop pleins. Au moment de partir, il s'arrête sur le pas de la porte. Il me regarde longtemps, comme s'il voulait mémoriser chaque détail de mon visage, chaque courbe, chaque ombre. — À demain, dit-il.
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