Mag-log inIl marque une pause. Il me regarde. Un regard rapide, furtif, mais je le vois. Il est là. Il est avec moi.
— En ce qui concerne notre relation, elle a commencé après la période d'essai de Mademoiselle Clara, comme en témoignent les photos fournies par Madame Desmarest. Les premières photos datent de trois semaines après la fin de la période d'essai. Avant cela, notre relation était strictement profession
La mère d'Alexandre nous reçoit dans le grand salon. Elle est grande, mince, vêtue d'un tailleur Chanel vert bouteille qui doit dater des années 1990 mais qui reste impeccable. Ses cheveux grisonnants sont relevés en chignon strict. Son visage est beau, lisse, dépourvu d'expression.— Clara, dit-elle en me tendant une main glacée. Alexandre nous a beaucoup parlé de vous.— En bien, j'espère.— Il nous a surtout très peu parlé de vous. Le peu est toujours bon signe.Je souris poliment. Déjà, je sens le piège. Cette femme ne lâchera rien, ne donnera rien, ne montrera rien. Elle est un bloc de marbre poli, froid, indéchiffrable.Le père d'Alexandre apparaît quelques minutes plus tard. Il ressemble &agrav
Ce soir-là, nous faisons l'amour sur le canapé, entourés de mes dossiers éparpillés et de ses magazines parfaitement empilés. C'est une trêve, une célébration, une manière de dire que malgré tout, nous sommes bien ensemble.Un matin, quelques semaines plus tard, une scène qui restera gravée dans ma mémoire.Je suis dans la cuisine, à peine réveillée, les cheveux en bataille, une vieille culotte en coton et un T-shirt de lui qui m'arrive à mi-cuisse. Je prépare le café dans un demi-sommeil, la lumière du matin traverse la verrière, le monde est calme et silencieux.Soudain, deux mains se posent sur mes hanches. Je sursaute légèrement, puis je reconnais son odeur, sa chaleur, sa présence.&m
Je lui souris, je l'embrasse. Sa confiance est un carburant plus puissant que tous les encouragements du monde.J'accepte le poste chez Constellation. La signature du contrat est un moment étrange, à la fois exaltant et mélancolique. Je renonce à mon indépendance, à ma liberté, à ce petit bureau où j'ai tant bossé, tant douté, tant grandi. Mais je gagne autre chose. Une reconnaissance, une équipe, une ambition nouvelle.Alexandre, lui, continue de développer notre agence commune. Elle porte nos deux noms désormais, Delaunay & Morel. Il a embauché trois collaborateurs, investi dans des locaux plus grands, décroché des contrats prestigieux. Le soir, nous rentrons chacun de notre côté, nous nous racontons nos journées, nous nous soutenons, nous nous conseillons.
Il me prend la main, m'entraîne hors de l'appartement, dans la rue, dans le métro. Il refuse de répondre à mes questions, sourit mystérieusement, serre mes doigts dans les siens.Nous descendons à la station Abbesses, marchons dans les ruelles de Montmartre, nous arrêtons devant un immeuble ancien aux pierres blondes.— Où on va ?, je demande.— Chez nous.— On est déjà chez nous.— Pas encore. Pas complètement.Il sort une clé de sa poche, ouvre la porte cochère, me guide dans une cour pavée, puis dans un escalier de bois. Quatrième étage. Une porte bleue. Il l'ouvre, s'efface pour me laisser entrer.L'appartement est une splendeur. Des poutres apparentes, un parque
ClaraJe passe trois jours chez Sophie, mon ancienne collègue devenue amie. Trois jours à tourner en rond dans son petit appartement du Marais, à regarder le plafond la nuit, à pleurer sous la douche, à ignorer les appels d'Alexandre, à ignorer les messages de Camille qui s'inquiète, qui veut savoir, qui me presse de questions.Le quatrième jour, une idée me traverse. Une idée simple, évidente. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?Maxime. Camille a parlé de Maxime l'autre jour, elle m'a dit qu'elle le croisait parfois dans des soirées professionnelles, qu'ils échangeaient des banalités autour d'un verre. Et Maxime, lui, connaît Alexandre depuis des années. Il connaît ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses. Surt
ClaraCamille arrive chez moi à l'improviste, le visage défait, les yeux rougis. Elle n'est pas maquillée, elle porte un vieux jean et un pull informe, elle qui ne sort jamais sans être impeccable. Mon sang se glace avant même qu'elle ait ouvert la bouche.— Qu'est-ce qui se passe ?— Il faut que je te parle, Clara. C'est grave.Je la fais entrer, je la guide vers le canapé, je m'assieds près d'elle. Mes mains tremblent légèrement. Depuis l'enfance, j'ai développé une peur irrationnelle des mauvaises nouvelles. Chaque fois que quelqu'un prononce la phrase il faut que je te parle, mon cerveau imagine le pire.— C'est Alexandre, dit Camille.Mon cœur s'arrête. Au sens propre. Une fraction de seconde où plus rie
ChloéJe le regarde, cet homme qui est à la fois mon bourreau et mon sanctuaire, mon maître et mon serviteur dans un pacte dément. Les marques sur ma peau picotent, comme pour rappeler leur présence. Leurre douloureux, délicieux, de ce qui nous lie.— Je n’ai pas envie du monde.Je me lève à mon to
Élodie Les jours suivants sont une chute lente, un écho assourdi de la violence de l’hôtel. Mon corps est une carte de géographie de notre crime. La marque sur mon cou a viré au bleu violacé, un halo d’orgueil et de honte que je dissimule sous des cols roulés et du fond de teint. Une douleur sourd
AnaïsIl s'assoit en face de moi avec son assiette, nos pieds qui se frôlent sous la table comme au premier jour.On mange en regardant la terrasse par la fenêtre, le ciel bleu pâle, les premiers oiseaux.— Il fait beau, il dit.— On pourrait sortir.— Peut-être. Plus tard. Là, je suis bien.— Moi
ThéoMes hanches se soulèvent encore, désespérées, cherchant la chaleur humide de sa bouche qui vient de m’abandonner. Un gémissement frustré s’échappe de ma gorge quand je sens les doigts d’Anaïs effleurer l’intérieur de mes cuisses, traçant des motifs tortueux, comme si elle jouait avec moi.— Pa