Il y a des lignes que personne ne trace, mais que tout le monde respecte. Elles ne figurent sur aucun plan, ne sont consignées dans aucun règlement, et pourtant elles organisent les déplacements, les silences, les audaces. Nahara les sentait désormais avec une précision presque physique. Depuis que le centre avait cessé d’être un point unique, ces lignes invisibles s’étaient déplacées, redessinant le territoire du pouvoir au Moretti Palace. Elle avançait dans ce nouvel espace avec une vigilance calme. Rien n’était plus dangereux que de croire qu’un équilibre, une fois atteint, se maintient de lui-même. L’équilibre n’est jamais un état. C’est un travail continu. Les réunions du cercle transversal s’étaient installées dans une forme de régularité exigeante. Les désaccords y étaient francs, parfois inconfortables, mais jamais stériles. Ce qui frappait Nahara, c’était moins la qualité des idées que la transformation des postures. Certains cadres, longtemps figés dans des rôles défensifs
Read more