Elle s’arrêta au crépuscule, ne laissant dans l’air qu’une fraîcheur vibrante et l’odeur lavée des mousses. Yara sortit la première, capuche trop grande, panier au bras, bondissant d’une flaque à l’autre. Deux gardes suivirent à distance. Lénaë, Arthur en écharpe contre elle, marchait lentement, attentive à tout : la respiration de son bébé, le froissement des feuilles, les gestes de Yara qui comptait ses cônes comme des trésors.— Un, deux, trois… Il en faut combien pour une guirlande ? demanda la fillette, très sérieuse.— Autant que tu voudras, répondit Lénaë. Une guirlande peut être aussi longue que tes bras peuvent la porter.— Alors il m’en faut mille.Lénaë rit doucement, et ce rire fit du bien au bois, au sentier, au monde. Les gardes échangèrent un regard surpris — cette maison concentrait de la lumière malgré tout, semblaient-ils se dire. Arthur, au creux de l’écharpe, poussa un petit cri, et Yara acclama :— Tu as entendu, petit frère ? C’est le cri de la victoire !En ren
Last Updated : 2026-02-18 Read more