MasukLa chambre était plongée dans une semi-obscurité, seulement éclairée par la pâle lumière de la lune qui filtrait à travers les rideaux lourds. Diel, recroquevillé dans son lit, n’avait cessé de ressasser les événements de la journée. Le départ de Rim avec la lettre lui avait laissé un mince espoir, mais aussi une angoisse sourde : et si elle n’arrivait jamais entre les mains de ses parents ? Et si Riven s’en rendait compte ? L’attente l’éreintait.La porte s’ouvrit doucement, sans le claquement brutal qu’il craignait toujours. Le cœur de Diel manqua un battement. Riven venait de rentrer. Mais contrairement à ses habitudes, il n’avait pas ce regard froid, calculateur et autoritaire. Ses pas étaient lents, presque silencieux. Ses yeux se posèrent sur Diel avec une intensité inhabituelle.— Tu dors ? demanda Riven d’une voix basse, presque tendre.Diel secoua la tête, nerveux, incapable de formuler une réponse. Il s’attendait à un interrogatoire, à une remarque sèche, mais rien ne vint.
Un silence lourd s’abattit sur la pièce. Lenaë baissa les yeux, le cœur en lambeaux. Elle savait que son époux disait vrai, mais elle craignait de perdre ce qui lui restait encore.Rim brisa le silence.— Je peux vous aider. Je connais les couloirs du palais, les gardes, les moments où les rondes se relâchent. Mais il faudra attendre le bon moment. Riven part souvent pour des affaires politiques. Ce sera notre chance.Kael se tourna vers lui, les yeux perçants.— Alors tu seras nos yeux et nos oreilles, Rim. Si tu trahis, je te jure que je t’arracherai la vie de mes propres mains. Mais si tu dis vrai… alors tu deviendras le sauveur de mon fils.Rim soutint ce regard farouche, puis inclina la tête en signe d’accord.— Je ne trahirai pas. Diel compte sur moi. Et désormais… il compte sur vous aussi.Lenaë, bouleversée, serra la lettre contre sa poitrine comme si c’était la chose la plus précieuse au monde.— Tiens bon, mon enfant… souffla-t-elle dans un sanglot. Ta mère est là. Ton père
Rim rangea précautionneusement l’enveloppe dans sa tunique.— Je dois partir avant que quelqu’un ne nous surprenne. Garde courage, Diel. Tu n’es pas seul, même si tu le crois.Un dernier regard, intense, puis Rim se glissa de nouveau par la fenêtre et disparut dans l’obscurité.Diel resta immobile, le souffle court, une main pressée contre sa poitrine. Le silence retomba dans la chambre. Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, il sentait un léger réconfort : quelque part, ses mots s’envolaient déjà vers ses parents. Quelque part, un fil invisible venait de se tendre entre eux, fragile mais vital.Il ferma les yeux, laissant une larme rouler sur sa joue.“Tenez bon, je vous rejoindrai un jour… je vous le promets.”Les couloirs sombres de l’ancienne résidence impériale résonnaient du pas ferme de Rim. Il avançait avec prudence, serrant dans ses mains le rouleau scellé de la lettre de Diel. Son cœur battait à tout rompre. Chaque pas le rapprochait de l’ancien empereur et de so
La chambre était plongée dans une semi-obscurité, seules quelques lueurs blafardes filtraient à travers les rideaux mal fermés. Diel était assis à son bureau, le dos courbé, les doigts tremblants serrant une plume fine. L’encre s’étalait maladroitement sur la feuille vierge, tant il avait du mal à stabiliser sa main. Son souffle haletait. Chaque mot qu’il s’apprêtait à écrire représentait un risque, un pas de plus vers une vérité que Riven ne devait jamais découvrir.Il leva les yeux vers la porte, le cœur battant à tout rompre. Depuis que Riven avait découvert et brûlé sa cachette de feuilles contraceptives, il vivait avec la sensation d’être nu, dépouillé de toute défense. La simple idée que l’alpha revienne précipitamment et le surprenne lui donnait envie de tout déchirer et de jeter les morceaux par la fenêtre. Pourtant, il se força à respirer profondément. Il fallait écrire. Pour ses parents. Pour lui.La plume gratta enfin le papier, et les premiers mots jaillirent, hésitants :
Riven devait quitter le palais pour se rendre dans un village voisin, une mission politique qu’il ne pouvait déléguer. L’annonce, brève et glaciale, avait suffi à faire battre le cœur de Diel d’une manière confuse : un mélange de soulagement, de peur et de culpabilité. Sollicité par un roi local qui réclamait audience au nouveau souverain pour discuter d’alliances militaires et d’échanges commerciaux, Riven s’était préparé dès l’aube, laissant derrière lui une atmosphère lourde dans les appartements impériaux.Ce matin-là, Diel ne s’était pas levé avec la même angoisse que les jours précédents. Ses yeux fatigués, gonflés par des nuits hachées de larmes silencieuses, scrutaient la pièce plongée dans une demi-pénombre. La pensée de quelques heures de répit, loin de l’emprise écrasante de Riven, lui donnait une étrange sensation d’espace — comme si les murs qui l’enfermaient reculaient un peu.— « Je serai de retour demain à la première heure. » avait déclaré Riven, en attachant sa cape
Diel n’avait plus la force de sortir de sa chambre. Depuis l’aube, il était resté là, assis au bord du lit, les genoux ramenés contre sa poitrine, comme si cette position pouvait l’empêcher de se briser encore davantage. Ses yeux brûlaient d’avoir trop pleuré. La pièce semblait soudain plus étroite qu’à l’accoutumée, étouffante, comme une cage. La veille, Riven avait découvert sa cachette sous les planches du parquet, et, sans une once d’hésitation, il avait jeté les précieuses feuilles contraceptives dans le feu de la cheminée. Diel avait vu la flamme dévorer chaque morceau de papier, ces dernières barrières fragiles qui le protégeaient encore d’un destin qu’il redoutait plus que tout.Il avait hurlé, tenté de se jeter vers le feu pour les récupérer, mais Riven l’avait repoussé avec brutalité. Ses mains encore tremblaient de cette impuissance. Dans sa poitrine, tout était serré, comprimé par une peur sourde qui ne le quittait plus. Désormais, il n’avait plus rien. Plus aucune défense