LOGINLes jours qui suivirent son choix furent un supplice silencieux pour Diel. Chaque matin, il se levait avec un nœud dans la gorge, conscient que Rim pouvait être quelque part dans le palais, à quelques couloirs seulement, et que son regard, si familier et apaisant, devait désormais être ignoré. Les premières heures étaient les plus difficiles. Il essayait de se convaincre qu’il agissait par nécessité, qu’il devait protéger le lien avec ses parents et respecter la condition imposée par Riven. Mais plus il évitait Rim, plus le manque se faisait sentir comme une brûlure sourde dans sa poitrine.Au début, Diel avait imaginé que le silence serait simple à maintenir, que Rim comprendrait et ne chercherait pas à le déranger. Il se trompait. Chaque fois qu’il croisait Rim dans un couloir, il sentait son cœur s’emballer malgré lui. Les yeux de Rim, souvent brillants de malice ou d’inquiétude, cherchaient son regard avec insistance, et Diel détourait le sien, feignant une concentration sur le vi
Le matin se leva sur le palais avec une douceur trompeuse. Les rideaux de la chambre de Diel laissaient entrer une lumière dorée, paisible, presque réconfortante. Mais son cœur battait d’une nervosité glacée. Riven venait de prononcer des mots qu’il n’avait jamais imaginé entendre, une promesse qui effaçait momentanément l’ombre de toutes ses peurs : il pouvait voir ses parents.Toute la soirée de la veille, Diel n’avait pas trouvé le sommeil. Il avait tourné et retourné dans son lit, songeant à la possibilité de revoir le visage de son père, la douceur des yeux de sa mère. Ses doigts avaient effleuré, encore et encore, la couverture rêche du lit, comme pour se convaincre que tout cela n’était pas un rêve.Mais au matin, alors que ses lèvres s’étaient entrouvertes pour poser timidement une question à Riven, celui-ci, d’un ton froid mais parfaitement maîtrisé, avait brisé ses illusions.— Il y a une autre condition, Diel.Le jeune oméga avait immédiatement senti son souffle se couper.
Riven resta figé, sa main suspendue dans le vide, ses lèvres entrouvertes sur un souffle désespéré. Et pour la première fois, peut-être, il comprit que son monde, bâti sur la possession et la peur, menaçait de s’effondrer. Le silence de la chambre était lourd, presque étouffant. Diel, encore vexé de leur dispute de la veille, s’était réfugié dans son lit, les bras croisés contre sa poitrine, refusant de tourner le regard vers Riven. Ce dernier, appuyé contre le chambranle de la porte, le fixait sans ciller, ses yeux clairs traversés d’une intensité dure à déchiffrer. « Tu veux voir tes parents, n’est-ce pas ? » lâcha-t-il d’une voix grave, presque détachée. Diel sursauta légèrement. Ses yeux, rougis par les larmes qu’il avait retenues, s’écarquillèrent. Il se retourna enfin, cherchant à sonder le visage de son bourreau. « Qu’est-ce que tu viens de dire ? » demanda-t-il, incrédule. Un sourire lent, carnassier, étira les lèvres de Riven. « J’ai dit que je pourrais t’emmener. Tu
Le soir tombait doucement sur le palais. La lumière rougeoyante du crépuscule filtrait à travers les lourds rideaux de la chambre de Diel, peignant les murs de nuances ardentes. L’air était chargé d’une tension silencieuse, presque palpable. Riven venait de rentrer. Son pas lourd et assuré résonna dans le couloir avant que la porte ne s’ouvre lentement. Diel, assis sur le rebord du lit, tourna brièvement la tête mais se détourna aussitôt, fixant obstinément la fenêtre. Son visage restait fermé, crispé, et ses poings se serraient sur le tissu de sa tunique.Riven referma la porte derrière lui, soupira doucement et s’approcha, mais pas trop vite, comme s’il craignait de brusquer le fragile équilibre qui régnait dans la pièce. Son regard d’acier se posa sur Diel, son oméga, ce garçon trop petit et trop fragile à ses yeux, qu’il voulait protéger du monde entier… mais qu’il savait aussi être en train d’étouffer par sa propre présence.— Diel, commença-t-il d’une voix grave mais étonnamment
Le soleil de l’après-midi filtrait à travers les rideaux de la chambre, répandant sur le sol une lumière douce, presque dorée. Diel, assis sur le rebord de son lit, fixait le vide. Sa poitrine se soulevait rapidement sous l’effet de sa colère contenue. Il n’en pouvait plus. Pas de l’enfermement, pas de la surveillance constante, mais de cette sensation d’être privé de toute liberté, de tout droit sur son propre corps. Depuis que Riven avait découvert ses feuilles contraceptives et les avait brûlées, chaque seconde lui paraissait être une condamnation silencieuse.Il serra les poings. Son regard, d’habitude si clair, s’assombrit sous l’ombre de la frustration. La peur, l’humiliation, la fatigue… tout cela se mélangeait en lui. Il avait l’impression que son souffle même appartenait désormais à Riven.Lorsque la porte s’ouvrit, il se redressa brusquement. Riven entra, vêtu d’une tenue simple, sans son manteau d’empereur, comme s’il revenait d’un entraînement ou d’un tour de garde improvi
Le jardin impérial baignait dans une lumière douce, tamisée par les frondaisons épaisses des grands arbres. L’air embaumait la lavande et les fleurs rares que l’on entretenait avec soin. Diel s’était réfugié là, depuis plusieurs heures, assis sur un banc de pierre, les genoux repliés contre sa poitrine, le regard perdu dans le ciel. Ses doigts fins jouaient nerveusement avec un pétale tombé, comme pour s’occuper, comme pour oublier l’attente qui le rongeait. Depuis que Riven était revenu, il n’avait cessé de repenser à la lettre confiée à Rim, doutant, craignant, espérant.Le craquement discret d’une branche derrière lui lui fit tourner la tête. Ses yeux encore rougis par la fatigue s’écarquillèrent en voyant apparaître une silhouette familière. Rim. Vêtu de sa tenue de garde légèrement poussiéreuse, les traits tirés par la route, mais les yeux brillants d’une détermination contenue.— Rim… souffla Diel, la voix tremblante, presque incrédule.Un sourire franc fendit le visage du garde