Le craquement du crâne sous mon talon avait été le signal de mon exécution. Dans un ensemble macabre, les têtes parcheminées des Égarés pivotèrent vers moi avec une synchronisation parfaite, inhumaine. Leurs sifflements, autrefois lointains, s'unirent en un vrombissement sourd qui semblait vider l’air de tout oxygène, me laissant une sensation de brûlure dans la gorge à chaque tentative de respiration. Je reculai, mes dagues dans mes mains engourdies par un froid mordant, une morsure de givre qui s'insinuait sous ma peau et menaçait de geler le sang dans mes veines. L’Égaré massif, celui dont le regard d'orbites vides m’avait hantée dans les brumes du Nord, s’avança le premier. Sa démarche n'était plus saccadée ; elle était fluide, inéluctable, portant avec elle une odeur fétide de terre retournée et de viande rance qui me souleva le cœur.Je crus mourir là, étouffée par cette puanteur et le givre qui commençait à cristalliser sur mes propres cils.Soudain, le mur de ruines à ma droit
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