ÉlisaJe suis sous ta fenêtre.Cinq mots. Il aura suffi de cinq mots pour que le fragile château de cartes de ma reconstruction s'effondre. Je lis ce message à cinq heures du matin, dans la pénombre de la chambre d'amis, et mon sang se glace dans mes veines. Il n'a pas dormi de la nuit, ses messages n'ont pas cessé une seule seconde, un flux ininterrompu de désespoir, de menaces voilées, de souvenirs lancinants. Et maintenant, ce dernier message, laconique, terrifiant.Je me lève, je m'approche de la fenêtre, j'écarte le rideau. Et je le vois.Il est là, de l'autre côté de la rue, adossé à un réverbère. Il porte son long manteau noir, celui que je lui avais offert pour son anniversaire, il y a deux ans, quand je l'aimais encore sans réserves, sans peur, sans arrière-pensées. Ses mains sont enfoncées dans ses poches. Son visage est levé vers la maison, vers ma chambre, vers moi. Il ne bouge pas. Il ne fait pas de signe. Il ne sourit pas. Il est juste là, immobile, comme une statue de s
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