LOGINLes Chaînes de l'Éternité Dans la brume éternelle de Londres, Victoria, une jeune infirmière au grand cœur, mène une vie modeste et solitaire, hantée par la mort de ses patients. Une nuit, en rentrant chez elle, elle croise le chemin de Lord Caspian, un vampire aussi ancien que la ville elle-même. Caspian n'est pas un amant ténébreux et romantique ; c'est un prédateur. Blasé par des siècles d'existence et de cruauté, il est attiré par l'éclat particulier de la vie qui émane de Victoria. Il ne veut pas l'aimer, il veut la posséder, la briser, faire d'elle son nouveau jouet pour tromper son ennui. Il la traque, la terrifie et finit par l'enlever, l'emmenant dans son manoir isolé, un mausolée de richesses et de souvenirs macabres. L'amour, ici, naît dans la contrainte et le désespoir. Victoria, pour survivre, apprend à lire en lui. Elle découvre que sa cruauté est une armure contre un vide immense. En refusant de le craindre constamment, en lui tenant tête avec une fragilité teintée de courage, elle éveille chez Caspian quelque chose qu'il n'avait pas prévu : non pas de la pitié, mais un besoin viscéral. Leur relation devient un dangereux équilibre. Caspian se surprend à la protéger des autres monstres, à vouloir qu'elle le regarde sans horreur. Mais sa nature profonde le rattrape. Plus il s'attache à elle, plus il a peur de la perdre, et cette peur se transforme en une violence accrue. Il est cruel parce qu'il commence à aimer, et cet amour le terrifie.
View MoreIl se lève. Il enjambe le muret avec une grâce silencieuse, une fluidité qui n'a rien d'humain. Ses mouvements sont plus proches de ceux d'un félin que de ceux d'un homme, une économie de gestes parfaite, une précision mortelle. Il se fond dans l'ombre des maisons. Je le perds de vue en une seconde.Je retiens mon souffle. Mes doigts agrippent la pierre froide du muret si fort que mes jointures blanchissent. Je vois l'homme marcher, inconscient du danger qui fond sur lui, inconscient de la mort qui le suit, qui le traque, qui va le happer d'une seconde à l'autre. Il siffle entre ses dents, une vieille chanson de marin que le vent emporte vers la mer.Puis une ombre le happe.Pas un cri. Pas un bruit de lutte. Pas même un soupir. Juste un mouvement, une vague noire qui engloutit l'homme et disparaît derrière une ruelle. L'ombre de la mort. L'ombre de Caspian. Le silence retombe sur l
Il dit ça comme on annonce le menu du dîner. Calme. Factuel. Monstrueux. Et il n'y a pas une once d'hésitation dans sa voix. C'est la voix du prédateur, du chasseur, du juge. C'est la voix de celui qui a cinq cents ans de morts derrière lui.Nous sortons par la porte de service. La nuit nous avale. Elle est glaciale, percée par un vent du nord qui sent le sel et la neige. La lune est pleine, haute et ronde, une pièce d'argent terni accrochée au velours noir du ciel. Elle éclaire la lande d'une lumière spectrale, argentée, qui transforme chaque buisson en créature accroupie, chaque rocher en crâne blanchi.Les bruyères crissent sous nos pas. Le sol est gelé, dur comme du béton. Mon souffle forme de petits nuages blancs devant mon visage. Le sien ne forme rien. Il n'y a pas de vapeur, pas de buée, pas de trace de vie.Caspian marche vi
Je la prends.Je la prends vraiment.Je ne la lâche pas.Nous restons assis à la table de la cuisine, nos mains entrelacées, dans le silence de la nuit. La chandelle crépite, projetant des ombres dansantes sur les murs de pierre. L'horloge comtoise égrène les secondes dans le couloir, un battement mécanique qui répond au battement de son cœur. Et quelque part dans le manoir, dans la galerie des portraits, le fantôme d'Isabella doit nous regarder avec ses yeux peints qui ne cillent jamais.Je ne sais pas si elle approuve. Je ne sais pas si elle m'en veut. Je ne sais pas si, de là où elle est, elle me voit et me juge.Mais pour la première fois en cinq cents ans, je ne lui demande pas pardon.Je suis là, avec Victoria, et c'est tout ce qui compte.Victoria— Tu veux voir ce que je suis vraiment ?
CaspianElle a fini de manger.Elle s'essuie la bouche avec une serviette de lin blanc. Un geste simple, quotidien, humain, qui me remplit d'une fascination absurde. Le tissu effleure ses lèvres, absorbe les traces de soupe et de vin, et elle le repose sur la table avec une précision presque rituelle. Je pourrais la regarder faire ça pendant des heures. Pendant des siècles. Ce geste minuscule contient tout ce que j'ai perdu : la chaleur, la simplicité, l'absence de tourment.— À quoi tu penses ? demande-t-elle.— À rien.— Tu mens. Tu mens toujours quand tu dis « à rien ». Tu as un tic, tu sais. Ta main droite se crispe sur l'accoudoir.Je baisse les yeux vers ma main. Elle a raison. Mes jointures sont blanches, serrées sur le bois du fauteuil. Je relâche mon étreinte. Elle lit en moi comme dans un livre ouvert. Personne n'
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