Je pleure parce que je suis seule. Seule à porter cet enfant. Seule à préparer son arrivée. Seule à compter les sous pour acheter un berceau d'occasion, une couverture en laine, des bodies minuscules. Seule à me demander comment je vais faire, comment je vais survivre, comment je vais élever une enfant toute seule dans cette ville inconnue, sans famille, sans amis, sans personne pour me tenir la main et me dire que tout va bien se passer.Je pleure, et mes larmes coulent sur l'oreiller, formant une tache humide qui grandit de nuit en nuit. Je pleure sans bruit, sans sanglots, sans hoquets. Les larmes d'une femme qui n'a plus la force de crier, qui a épuisé toutes ses réserves de colère, qui est entrée dans une autre dimension de la douleur , plus calme, plus profonde, plus résignée.Et puis, au milieu des larmes, mon bébé donne un coup de pied. Un coup franc, net, énergique, comme si elle frappait à une porte. Comme si elle me disait arrête de pleurer, maman, je suis là, moi. Tu n'es
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