Je la regarde. Elle est là, à mon doigt, depuis trois ans. Je ne l'ai jamais retirée, même pour dormir, même pour prendre ma douche, même pour cuisiner. Elle fait partie de moi, de ma main, de mon corps. Elle est devenue une extension de ma peau, un membre fantôme, une partie de mon identité. Je l'ai tellement portée que j'ai oublié qu'elle existait. Elle était là, c'est tout, comme la cicatrice d'une vieille blessure qu'on ne voit plus. Je la tourne autour de mon doigt, lentement, en la faisant glisser sur ma phalange. Le métal est froid, lisse, usé par endroits. Elle est ternie. L'argent s'est oxydé avec le temps, il a perdu son éclat, il est devenu gris, presque noir par endroits, comme une pièce de monnaie qu'on a trop manipulée. Comme notre amour, s'il a jamais existé, s'il n'était pas lui aussi un faux, une contrefaçon, un simulacre. Comme mon âme, ternie par trois ans de mensonges, salie par trois ans de compromissions, usée par trois ans de sourires
Dernière mise à jour : 2026-05-22 Read More