Ce n’était pas de la rancune. Pas exactement. Ni une punition silencieuse destinée à le faire souffrir. C’était autre chose, de plus intime, de plus nécessaire. Un besoin viscéral de s’arrêter, de se poser, de faire le point. Depuis des mois, elle vivait à un rythme effréné : le divorce, le travail, Alice, l’association, les audiences, les rumeurs au bureau. Et puis Julien, avec tout ce qu’il apportait de merveilleux et de compliqué. Sa tendresse, sa patience, mais aussi ses silences, ses maladresses, les fantômes de Caroline qui rôdaient autour de leur couple comme des loups autour d’un feu. Elle avait besoin de s’éloigner pour y voir clair. De se retrouver seule face à elle-même, sans personne à rassurer, sans personne à ménager.Le lundi, elle ne se rendit pas au bureau. Elle appela M. Grandet, prétexta une migraine, et sa voix était si lasse qu’il n’insista pas. « Reposez-vous, Élise. Vous avez bien mérité un jour de congé. » Elle passa la matinée au studio, en robe de chambre, à b
Last Updated : 2026-04-28 Read more