Chapitre 130 Alina L’aube est grise, humide, chargée d’une brume épaisse qui semble vouloir étouffer le monde. Les oiseaux se sont tus, comme s’ils savaient. Le lac de Côme, d’habitude si vivant à cette heure, n’est plus qu’une plaque d’acier terne, sans reflets, sans mouvement. Les cyprès centenaires qui bordent l’allée, immobiles, ressemblent à des sentinelles de pierre, hautes, silencieuses, leurs ombres allongées sur la pelouse encore trempée de rosée. Pas un bruit, pas un souffle de vent. L’air est froid, presque glacé, chargé d’une odeur de terre mouillée et de feuilles mortes. J’ai passé la nuit à veiller. Assise dans le fauteuil près de la fenêtre de notre chambre, les rideaux entrouverts, l’&
Last Updated : 2026-06-05 Read more