MasukLes Jumeaux Secrets du Milliardaire Orlov Lorsque l’empire des Sokolov s’effondre, Alina Sokolova est forcée d’épouser Mikhail Orlov, un héritier russe plongé dans le coma. Pendant des années, elle veille seule sur lui… jusqu’à son réveil, où il la rejette avec cruauté. Brisée, Alina disparaît en emportant un terrible secret. Cinq ans plus tard, elle revient à Moscou avec ses jumeaux surdoués. Mais lorsqu’un des enfants pirate l’ordinateur de Mikhail pour lui lancer un défi, le puissant milliardaire ignore encore qu’il chasse sa propre famille… et que son épouse effacée est devenue une femme impossible à écraser.
Lihat lebih banyakChapitre 1 : Les dorures trompeuses
Alina
Je suis assise devant le Bösendorfer de ma mère, ce piano à queue monumental qui trône au centre du grand salon comme un autel dédié à un dieu que plus personne ne prie, et je sens le bois vibrer sous mes doigts avec cette chaleur vivante que seuls les très vieux instruments possèdent, une chaleur de mémoire, de sève, de tous les concerts donnés et de toutes les larmes versées sur les touches d'ivoire jaunies par le temps, et tandis que mes doigts courent sur le clavier pour interpréter le Clair de lune de Debussy avec une précision mécanique, je regarde la foule des invités qui se presse dans le salon aux dorures éclatantes, et je vois ce que personne ne voit, ce que personne ne veut voir, je vois les fissures dans le stuc, l'usure des tapisseries, la pâleur des visages de nos domestiques qui circulent entre les groupes avec des plateaux de champagne en s'efforçant de sourire alors que leurs gages n'ont pas été payés depuis trois mois. La robe que je porte, une création de velours bordeaux aux manches trop longues et au corsage trop serré, appartenait à ma mère avant que la mort ne vienne la prendre il y a neuf ans de cela, et la couturière du village l'a retouchée à la hâte la veille du gala, piquant ses aiguilles dans le tissu précieux avec des doigts tremblants de vieille femme, tirant sur les coutures, rajoutant des empiècements de satin noir pour masquer les défauts, et je sens à chaque inspiration le velours qui me comprime les côtes comme une main invisible qui voudrait m'empêcher de respirer, qui voudrait me rappeler que je ne suis pas à ma place dans cette robe, dans ce salon, dans ce monde qui est en train de s'effondrer autour de moi sans que personne n'ose prononcer le mot de la fin.
Mon père, Ivan Sokolov, se tient dans l'embrasure de la porte du grand salon, et je le vois qui m'observe avec une intensité douloureuse, le dos voûté sous un poids invisible, les mains croisées derrière le dos pour dissimuler leur tremblement, le visage creusé par une fatigue qui n'a rien à voir avec l'heure tardive mais tout à voir avec le chagrin, la honte, la défaite qui s'annonce comme un orage à l'horizon, et dans ses yeux je lis une supplique muette, un message que lui seul peut m'adresser et que moi seule peux comprendre, un message qui dit joue, ma fille, joue encore, joue plus fort, couvre le bruit des rumeurs, étouffe les chuchotements, fais semblant que tout va bien pour que le monde continue de croire que les Sokolov sont encore les Sokolov. Les invités, cette élite moscovite que mes parents ont tant courtisée au fil des années, bavardent en petits groupes serrés, et j'entends leurs murmures qui percent la musique malgré mes efforts, des fragments de phrases empoisonnées qui flottent dans l'air saturé de parfums : « la faillite est inévitable... Volkov les a ruinés jusqu'au dernier rouble... le pauvre Ivan ne s'en remettra jamais... et la fille, regardez-la, elle joue comme si de rien n'était, quelle inconscience... » Chaque mot s'enfonce dans ma chair comme une épingle dans une pelote de soie, et je voudrais me lever, renverser le tabouret, plaquer un accord monstrueux et hurler à tous ces vautours qu'ils mentent, qu'ils se trompent, que mon père est un homme bon et que la justice existe, mais je reste assise, je continue de jouer, je continue de sourire avec ce sourire figé que l'on apprend aux jeunes filles de bonne famille, ce sourire qui dit tout va bien, tout va très bien, il n'y a rien à voir, passez votre chemin.
Soudain, un silence étrange tombe sur l'assemblée, un de ces silences lourds et compacts qui précèdent les catastrophes, et je sens un courant d'air glacé s'engouffrer dans le salon alors que les doubles portes s'ouvrent avec une lenteur théâtrale, poussées par deux valets en livrée qui s'effacent comme des ombres, et une femme entre, une femme que je n'ai jamais vue mais dont la présence aspire instantanément toute la chaleur de la pièce, toute la lumière des lustres, toute la vie des conversations mondaines. Elle est vêtue de noir des pieds à la tête, une robe si stricte qu'elle en devient menaçante, un manteau de zibeline qui balaie le sol, des gants de cuir noir qui remontent jusqu'aux coudes, et elle avance sur le tapis d'Aubusson avec la majesté glacée d'une impératrice byzantine qui viendrait inspecter une province récemment conquise et dont elle soupçonne les habitants de fomenter une rébellion. Ses cheveux d'un gris acier sont tirés en un chignon si serré qu'il étire la peau de ses tempes, et ses yeux, ses yeux d'un gris d'orage, balaient la foule avec le mépris tranquille de quelqu'un qui possède assez d'argent pour acheter tous les invités de ce salon, le domaine tout entier, et peut-être même les âmes de ceux qui s'y trouvent. Derrière elle, un cortège d'assistants silencieux se déploie en éventail, des hommes en costume noir, une secrétaire au visage de marbre qui porte une mallette en cuir, deux gardes du corps aux épaules si larges qu'elles semblent pouvoir bloquer le passage du vent.
Cette femme, c'est Yelena Orlova, je l'apprendrai plus tard dans un murmure terrifié de ma gouvernante, la matriarche du clan Orlov, la veuve la plus riche de tout Moscou, la femme qui contrôle un empire industriel qui s'étend des mines de l'Oural jusqu'aux chantiers navals de la Baltique, et elle est là, dans notre salon, chez nous, chez les Sokolov qui ne sont plus rien, et elle s'arrête au milieu de la pièce, et son regard gris balaie une dernière fois la foule avant de se poser sur moi, de s'arrêter sur moi, de me détailler avec l'intensité clinique d'un maquignon qui évalue une jument pur-sang à la foire aux bestiaux, pesant chaque défaut, chaque qualité, chaque muscle, chaque regard. Je sens mes doigts se figer sur le clavier, la dernière note du Clair de lune résonne dans le silence de mort comme un cri d'oiseau blessé, et je baisse les yeux la première, vaincue, soumise, déjà vendue sans savoir à quel prix ni à quel maître, tandis que mon père, pétrifié dans l'embrasure de la porte, ferme les yeux comme pour ne pas voir ce qui arrive, comme pour retarder de quelques secondes l'inévitable qui fond sur nous avec la force d'une tempête de neige.
Chapitre 5 : L'invitation du serpentAlinaLe surlendemain, alors que le soleil pâle de l'automne russe peinait à percer la couche de nuages bas qui écrasait la cime des bouleaux dénudés autour du domaine, j'étais montée dans ma chambre après un déjeuner silencieux au cours duquel personne n'avait prononcé un mot, et je m'étais postée devant la fenêtre, le front collé contre la vitre glacée, regardant sans la voir l'allée de tilleuls centenaires qui menait aux grilles du domaine, lorsque je vis une voiture noire aux vitres teintées franchir le portail avec la lenteur menaçante d'un prédateur qui connaît déjà l'issue de la chasse et qui prend son temps, qui savoure chaque seconde de l'approche, qui se délecte par avance de la peur de sa proie. Mon cœur se mit à battre si fort dans ma poitrine que je dus poser une main sur ma gorge pour l'empêcher de jaillir, parce que j'avais reconnu cette voiture, je l'avais vue repartir après le gala avec la même lenteur funèbre, et je savais qui éta
Chapitre 4 : Le souffle glacé de la trahisonAlinaLes jours qui suivirent le gala s'écoulèrent dans une brume épaisse, un brouillard de mauvais rêves dont je n'arrivais pas à m'extraire, et chaque matin j'ouvrais les yeux avec l'espoir insensé que tout cela n'avait été qu'un cauchemar, que mon père allait descendre l'escalier en fredonnant comme autrefois, que les huissiers n'avaient jamais franchi notre seuil, que Dimitri Volkov n'était pas un traître mais l'oncle bien-aimé qui me faisait sauter sur ses genoux en riant, mais la réalité me frappait au visage comme une gifle de glace dès que je posais le pied hors de ma chambre. Mon père se consumait à vue d'œil, lui qui avait été si fier, si droit, si impérial dans son maintien, le voilà qui se traînait de pièce en pièce comme un spectre, le teint grisâtre, les yeux rougis par le manque de sommeil et les larmes qu'il essayait de cacher, les mains agitées d'un tremblement que ni le tabac ni l'alcool ne parvenaient à calmer, et chaque
Chapitre 3 : L'héritage empoisonnéAlinaLa nuit est tombée sur le domaine comme un couvercle de plomb, une nuit sans lune, sans étoiles, une de ces nuits russes qui semblent vouloir écraser la terre de tout leur poids pour la punir de ne pas savoir retenir la lumière, et je suis allongée dans mon lit d'enfant, les yeux grands ouverts dans l'obscurité la plus totale, incapable de trouver le sommeil, incapable de chasser les images de cette journée maudite, les mots de mon père, la silhouette noire de Yelena Orlova qui danse derrière mes paupières closes comme une flamme sombre qui refuse de s'éteindre. Le collier de perles noires serre doucement ma gorge, je le porte jour et nuit depuis que ma mère est morte, je ne l'ai jamais retiré, ni pour dormir, ni pour me baigner, ni pour jouer du piano, et il est devenu une partie de moi-même, un prolongement de ma peau, une racine qui me relie à un arbre généalogique dont les branches ploient sous le poids des souvenirs. Je ferme les yeux très
Chapitre 2 : Le chant du cygne financierAlinaLe lendemain du gala, le domaine Sokolov ressemble à un champ de bataille après la déroute, et je déambule dans les couloirs glacés en évitant le regard des domestiques qui se terrent dans les cuisines et les offices, parce que personne ne veut croiser les yeux de la fille du maître quand la maison s'effondre, quand les créanciers campent aux portes, quand l'odeur de la défaite imprègne les tentures et les tapis comme une moisissure invisible que rien ne pourra jamais nettoyer. Le soleil d'automne peine à percer les nuages bas qui écrasent la cime des bouleaux dénudés, et une lumière grise et sale filtre à travers les hautes fenêtres du couloir, donnant à chaque chose une apparence fanée, usée, misérable, comme si la maison elle-même portait le deuil d'un mort encore vivant. Je me suis réveillée à l'aube après une nuit sans sommeil, le cœur battant trop vite, les mains moites, et j'ai passé une heure à fixer le plafond de ma chambre en éc












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