Chapitre 45 Lucas La porte de la villa se referme derrière nous avec un bruit sourd, un chuintement de bois massif et de mécanique bien huilée qui scelle notre retraite au reste du monde. Je tiens toujours la main d'Isabelle, ses doigts glacés emmêlés aux miens, et je sens son pouls battre contre ma paume, rapide, affolé, comme un petit oiseau prisonnier. Le vestibule est plongé dans une pénombre que trouent seulement les veilleuses en forme de flambeau, leur lueur tremblante dessinant des ombres mouvantes sur les murs de pierre et les tapisseries anciennes. L'air sent la cire d'abeille, la lavande des bouquets séchés que la gouvernante dispose dans les vases, et quelque chose d'autre, une note plus âcre, plus métallique, qui est l'odeur de notre peur à tous les deux, de cette tension qui ne nous a pas quittés depuis la soirée chez l
最後更新 : 2026-05-15 閱讀更多