Chapitre 80LudovicaJe flotte dans une brume tiède, entre sommeil et éveil, entre le monde réel et celui des rêves. Mes paupières sont trop lourdes pour s’ouvrir, mais je sens tout — la fraîcheur des draps de lin contre ma peau brûlante, le poids de la couverture remontée jusqu’à mon menton, et cette présence, à côté de moi, qui réchauffe l’air de la chambre.Drago.Il est allongé près de moi.Je ne l’ai pas entendu se coucher, mais je le sens. Le matelas s’est enfoncé de son côté, créant une pente légère qui me fait glisser vers lui. Le sommier à lattes grince à peine sous son poids, un grincement sourd et régulier qui s’est installé dans le silence comme une respiration supplémentaire. Son odeur — bois de santal, cuir, et sous ces parfums habituels une note plus âcre, plus brute, celle de la fumée qui a imprégné ses vêtements, sa peau, ses cheveux — est si proche qu’elle imprègne mes draps, mon oreiller, ma peau. Elle se mêle à l’odeur de la lavande des tissus et à celle, plus loin
آخر تحديث : 2026-06-02 اقرأ المزيد