Chapitre 142LudovicaLa nuit est tombée sur l'hôpital, épaisse et silencieuse, comme un voile de deuil qui recouvre chaque recoin, chaque couloir, chaque chambre.Les néons diffusent leur lumière blanche et froide, impitoyable, sur les murs peints d'un blanc clinique, sur le sol en linoléum où les traces de pas dessinent des motifs invisibles, sur les portes closes des chambres qui semblent des bouches scellées, des secrets qu'on emporte avec soi. L'odeur du désinfectant flotte dans l'air, mêlée à celle de la fatigue, de l'angoisse, de la mort qui vient de passer, qui a laissé son empreinte sur le drap blanc, sur les moniteurs éteints, sur le visage paisible du vieil homme que l'on a emmené, que l'on a recouvert, que l'on a emporté dans un silence respectueux.Drago est assis dans la salle d'attente, ses mains posées sur ses genoux, ses doigts croisés l'un contre l'autre, les jointures blanches de tension. La lumière des néons éclaire son visage, creuse les ombres sous ses pommettes,
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