Chapitre 69LudovicaJe reste immobile près du bassin, les doigts dans l’eau fraîche, le regard fixé sur la porte par laquelle Tommaso vient de s’en aller. Le clapotis de la fontaine remplit le silence, régulier et apaisant, comme un battement de cœur. La lumière de la verrière a changé, plus blanche maintenant, plus crue, et les ombres sur les dalles ont raccourci.Je ne l’ai pas vu revenir.Pourtant, j’entends ses pas.Le bois du perron craque, et la porte s’ouvre à nouveau. Tommaso est sur le seuil, sa valise déposée sur les marches derrière lui. Son visage est plus grave qu’avant, ses sourcils légèrement froncés, comme s’il venait de prendre une décision qu’il hésitait encore à formuler.Il traverse le hall d’un pas rapide, vient se planter devant moi, si près que je sens la chaleur de son corps et l’odeur de sa peau — du citron, du cèdre, et cette fragrance d’homme qui s’apprête à dire quelque chose d’important.— J’ai oublié de te dire quelque chose, dit-il.Sa voix est basse, p
Última atualização : 2026-05-27 Ler mais