Bruno tint parole.À midi et demi, le bruit de la clé tourna dans la serrure. Tristan, qui avait largement dépassé son heure de télévision mais qu’Alice n’avait pas eu la force de gronder, bondit du canapé pour courir vers l’entrée.— T’as pris les beignets ?La voix de Bruno résonna depuis le couloir, basse, un peu fatiguée, mais calée sur ce ton de normalité qu’il avait décidé d’adopter devant le petit.— Au sucre et à la cannelle. File te laver les mains.Alice, restée dans le salon, vit Bruno entrer. Il portait toujours sa veste, le grand sac en papier kraft de la boulangerie serré contre lui comme un trophée dérisoire. Ses yeux rencontrèrent ceux d’Alice par-dessus la tête de Tristan qui filait vers la salle de bain. Pas de reproche, pas de colère. Juste cette distance polie, presque administrative, qui s’était installée entre eux à six heures du matin.Le déjeuner fut une performance d’acteurs. Tristan parla de son jeu vidéo, puis des beignets qu’il trouvait « moins gros que d’h
Read more