Le déjeuner sur la terrasse de derrière se déroula avec cette lenteur pesante des après-midis où la chaleur paralyse les corps et suspend les esprits.Monique De Souza, la mère de Christian, menait la conversation d'une voix douce, glissant sur les détails ordinaires de la vie du domaine : la santé fragile d'une cousine éloignée à Aureval, le prix du ciment qui augmentait encore, et les bougainvillées qui, cette année, prenaient trop de place le long du mur d'enceinte. Édouard hochait la tête, coupait sa viande avec une régularité de métronome, tandis que Christian feignait l'attention, l'esprit rivé à la feuille de route invisible qu'il était en train de dresser dans sa tête.Une fois le café servi par Rosalie, Monique s’excusa pour remonter se reposer. Le silence s'installa aussitôt entre les deux hommes, seulement troublé par le bourdonnement des mouches à viande autour de la table et le sifflement lointain d'un oiseau dans les branches du manguier.Édouard posa sa tasse, ses yeux
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