Chapitre 170 : Le Désespoir d'ElenaElenaLa porte de ma chambre est fermée à clé. Je l'ai verrouillée moi-même, il y a des heures, quand le soleil était encore haut dans le ciel de Paris. Maintenant, la nuit est tombée, et je suis toujours là, recroquevillée sur le tapis, le dos contre le lit, les genoux remontés contre la poitrine. Je n'ai pas pleuré depuis l'appel d'Isabelle. Je n'ai pas crié, pas hurlé, pas brisé de vaisselle contre les murs. Je me suis contentée de m'effondrer, silencieusement, comme une tour qui s'écroule sur elle-même sans faire de bruit.Le morceau de couverture bleue est serré dans ma main droite. Je le presse contre ma joue, contre mes lèvres, et je respire l'odeur de Gabriel qui s'en échappe encore, ténue, presque imperceptible. Cette odeur est la seule chose qui me relie à lui, la seule preuve tangible qu'il existe, qu'il respire, qu'il est vivant quelque part dans ce monde que je ne peux pas atteindre.On frappe à la porte. Trois coups légers, presque tim
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