Chapitre 14IsabellaLe jardin clos est devenu mon refuge, mais il reste une prison, et les prisons, aussi dorées soient-elles, ne livrent pas leurs secrets sans combat.Je l'ai compris dès le troisième jour, quand j'ai tenté d'engager la conversation avec Maria, la servante muette qui m'apporte mes repas. Elle est entrée dans le petit salon à midi, portant un plateau chargé de fruits, de pain, de fromage, et elle l'a déposé sur la table basse sans un mot, sans un regard, comme une ombre qui accomplit sa tâche sans exister. Je me suis approchée d'elle, j'ai tenté un sourire, j'ai demandé son prénom. Elle s'est contentée de hocher la tête, un mouvement bref, presque imperceptible, puis elle a reculé vers la porte, les yeux baissés, les mains jointes devant elle. Je n'ai pas insisté. J'ai compris que Maria ne parlerait pas, que personne ne parlerait, que le personnel du domaine Reyes était formé à se taire, à obéir, à ne jamais trahir les secrets de la maison.Le lendemain, j'ai essayé
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