Chapitre 150NoamL'idée me vint un soir d'hiver, alors que nous étions assis devant la cheminée, Élina et moi, à regarder les flammes danser dans l'âtre et à écouter le vent qui gémissait dans les branches des oliviers. Les bûches crépitaient doucement, et leur lumière orangée dansait sur les murs de pierre blonde, sur les poutres centenaires, sur le visage d'Élina qui lisait un roman, ses lunettes posées sur le bout du nez. Elle venait de prendre sa retraite, et depuis quelques semaines, je la voyais tourner en rond dans le mas, ranger des papiers, feuilleter de vieux albums de photos, s'asseoir sur la terrasse pour regarder le soleil se coucher, et je sentais qu'elle cherchait un nouveau sens, une nouvelle raison de se lever le matin. Elle avait consacré toute sa vie à la science, aux patients, au laboratoire, et voilà que tout cela s'arrêtait, que le silence prenait la place du vacarme, que les journées s'étiraient, longues et vides, comme des pages blanches qu'elle ne savait plus
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