Chapitre 124TestamentQuelques semaines après les funérailles, une lettre arriva au mas, portant l'en-tête d'un notaire de Séville, un certain Maître Alvarez, dont le nom ne me disait rien. Le papier était épais, vergé, frappé d'un sceau de cire rouge aux armes de l'étude, et l'écriture, fine et régulière, avait cette solennité un peu désuète des documents officiels. Je la trouvai un matin, glissée parmi les factures et les revues scientifiques, et je l'ouvris debout dans la cuisine, une tasse de café fumant à la main, tandis que le soleil de mars entrait à flots par les fenêtres et que Noam lisait son journal sur la terrasse.La lettre m'informait que j'étais convoquée à la lecture du testament d'Adrien Morcant, qui avait souhaité que je sois présente, ainsi que son notaire, pour entendre ses dernières volontés. Mon cœur se serra, et je restai un long moment immobile, la lettre entre les doigts, à fixer les mots sans les voir. Noam, qui était rentré pour se servir un autre café, s'a
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