Chapitre 147Vieillir ensembleLes années passèrent sur le mas comme des eaux tranquilles, glissant sur les pierres blondes sans les éroder, et un matin, en me regardant dans le miroir de la salle de bains, je vis des rides au coin de mes yeux, des fils d'argent qui striaient mes cheveux bruns. Je restai un long moment immobile, les doigts posés sur ma joue, à contempler ce visage qui était le mien et qui, pourtant, avait changé, s'était creusé, s'était patiné comme une pierre ancienne façonnée par le vent et la pluie. La lumière du matin entrait par la fenêtre, crue, impitoyable, et chaque ride, chaque sillon, chaque marque du temps était comme une carte de ma vie, une carte où l'on pouvait lire les nuits blanches passées au laboratoire, les larmes versées dans l'aile abandonnée du manoir, les rires échangés avec Noam, les premiers sourires de Livia, les batailles gagnées, les victoires remportées, les deuils traversés.Je me souvins de ce jour, des décennies plus tôt, où j'avais fui
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