Chapitre 87RaphaëlJe tombe à genoux.Lentement. Mes jambes se dérobent sous moi, et je m'effondre sur le carrelage froid de son entrée. Le choc est dur, brutal, mais je ne le sens pas. La douleur physique n'est rien comparée à celle qui me ronge de l'intérieur. Je pose mes mains à plat sur le sol, la tête baissée, les épaules affaissées.Moi, Raphaël Valmont, à genoux.Le carrelage est glacé sous mes paumes. Je sens chaque joint, chaque aspérité, chaque grain de poussière incrusté dans la pierre. Des détails minuscules, qui m'ancrent dans le réel. Je fixe le sol, incapable de lever les yeux._ Pardon.Le mot sort de ma gorge, rauque, déchiré. Un mot que j'ai prononcé si rarement dans ma vie. Pardon pour tout. Pardon pour les trois années de silence. Pardon pour les dîners qu'elle préparait et que je ne mangeais pas. Pardon pour les robes qu'elle mettait et que je ne voyais pas. Pardon pour les nuits qu'elle passait à m'attendre, seule, dans l'aile ouest. Pardon pour ma mère, pour Ga
Read more