Jonathan avait fait tirer la photo de famille en grand format. Il l'avait placée dans un cadre en argent, sobre et élégant, qu'il avait posé sur son bureau, dans l'appartement de la Croix-Rousse. Chaque matin, en se levant, il la regardait. Chaque soir, en se couchant, il la regardait encore. Ce simple rectangle de papier glacé était devenu son talisman, son rappel quotidien de tout ce pour quoi il se battait, de tout ce qu'il avait failli perdre, de tout ce qu'il avait miraculeusement retrouvé.Ce n'était pas la première fois qu'il conservait une photo d'elle. Pendant leurs années de séparation, il avait fait prendre des clichés par des détectives privés — des images volées, floues, prises à son insu. Il les conservait dans un tiroir fermé à clé et les regardait le soir, seul dans son bureau, en se demandant si elle allait bien, si elle était heureuse, si elle pensait à lui. Ces photos-là étaient des reliques d'un amour perdu, des fragments d'une vie à laquelle il n'avait plus droit.
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