Chapitre 163GabrielJe découvre que la maladie a duré près d'un an. Une année entière, au cœur de notre mariage. Les dates s'alignent devant moi, impitoyables, et je les confronte à mes souvenirs comme on confronte un accusé à ses actes. Il y a eu des hospitalisations répétées, des traitements lourds, des périodes de convalescence silencieuses, des semaines où elle disparaissait dans des chambres blanches pendant que je continuais de vivre, insouciant, ailleurs, sans elle. Une année. Douze mois de souffrance, de peur, de solitude, et moi, je ne me suis rendu compte de rien.Je repousse le dossier, et je me lève, les jambes flageolantes. Je marche jusqu'à la fenêtre, et je m'appuie au chambranle, le front contre la vitre froide. Dehors, la nuit est noire, sans lune, et le parc n'est qu'une masse d'ombres agitées par le vent. Je ferme les yeux, et les images remontent, une à une, avec une netteté cruelle. Cette année-là, je voyageais. Pour le travail, pour les affaires, pour représente
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