Chapitre 187ArianeJe choisis ma tenue pour l'inauguration avec un soin presque cérémonieux, comme on choisit une armure avant une bataille dont on sait qu'elle décidera de tout. La chambre est baignée d'une lumière pâle, celle de la fin d'après-midi, qui glisse sur les meubles, sur le lit, sur les vêtements étalés devant moi. J'ai sorti plusieurs tenues de la penderie, des robes, des tailleurs, des ensembles, et je les ai disposés sur le lit, un par un, avant de les écarter, de les juger, de les reposer. Il me faut quelque chose de sobre, d'élégant, de parfait, quelque chose qui me ressemble, qui dise sans mots qui je suis devenue, et d'où je viens, et ce que j'ai traversé pour être là, debout, prête à affronter le monde.Finalement, je choisis une robe noire, d'une simplicité désarmante, qui épouse mes épaules et descend jusqu'à mes chevilles en une ligne fluide, sans décolleté, sans fioritures. Le tissu est lourd, soyeux, et il capte la lumière en la renvoyant par petites touches
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