Chapitre 176GabrielLa maison est silencieuse, si silencieuse que j'entends le froissement de ma propre respiration, et le bruit que fait ma plume en glissant sur le papier. Je suis assis dans mon bureau, la porte fermée, les rideaux tirés, et devant moi, sur le sous-main en cuir, il y a une feuille blanche, vierge, qui attend. J'ai sorti un stylo, un vieux stylo plume en argent que mon père m'a offert il y a des années, et je le tiens entre mes doigts, sans écrire, incapable de trouver les mots. Pourtant, j'ai tant de choses à dire, tant de choses que je n'ai jamais su dire, et qui se bousculent en moi comme une marée noire.Je commence à écrire, lentement, en traçant chaque lettre avec une application douloureuse.« Ariane, »Je m'arrête. Son nom, même écrit, me brûle. Je le regarde, ce prénom, et je le vois se détacher sur la page, comme une accusation, comme une prière, comme un aveu. Je respire un grand coup, et je continue.« Je sais que tu ne veux plus me parler, et je ne peux
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