Chapitre 80 Apolline Je le regarde, assis sur ce banc, les épaules affaissées, les mains croisées sur ses genoux, les yeux rougis par les larmes qu'il n'a pas pu retenir, et je vois sa souffrance, je la vois aussi clairement que je vois le soir qui descend sur le parc. Une part de moi, une part sombre que je n'ose pas regarder en face, se sent satisfaite de cette souffrance, comme si elle était une justice rendue, une revanche silencieuse sur toutes ces années où je pleurais seule dans ma chambre pendant qu'il vivait sa vie sans même se demander si j'existais. Cette satisfaction est là, tapie dans un coin de mon cœur, et elle me fait honte, mais elle est là, indéniable, presque animale. _ Tu souffres, dis-je doucement, et ce n'est pas une question. _ Oui, répond-il sans lever les yeux. Je souffre, et c'est mérit&
Huling Na-update : 2026-09-19 Magbasa pa