Gabriel Le Falcon décolle du Bourget à sept heures dix-sept, avec sept minutes de retard sur le plan de vol. Je note cela comme on note un mauvais présage : Éléonore Laurent n'est jamais en retard. Le retard, aujourd'hui, ne lui appartient pas — il appartient au brouillard, à la tour de contrôle, à ces contingences que même elle ne peut maîtriser. J'y trouve un plaisir mesquin. Nous sommes trois dans la cabine, plus l'équipage. Éléonore, installée dans le fauteuil de tête, tablette ouverte, casque léger posé sur les oreilles. Raphaël, en face d'elle, ordinateur portable, dossier cartonné bleu marine à sa droite, gobelet de café à sa gauche. Et moi, en retrait de deux rangées, dans un fauteuil pivotant que j'ai choisi précisément parce qu'il me permet de les observer sans en avoir l'air. Le jet est un espace clos. Il n'y a nulle part où fuir, et c'est cela, sans doute, qui rend l'exercice si cruel. Raphaël. Je le regarde et je cherche, malgré moi, ce qu'elle a pu aimer chez lui. Gr
آخر تحديث : 2026-07-16 اقرأ المزيد