Il se penche vers moi, il pose ses lèvres sur les miennes, et je le laisse faire. Pas par amour , il n'y a plus d'amour en moi, plus depuis longtemps. Pas par désir , mon corps est las, épuisé, vidé de toute passion. Par pitié. Parce qu'il est là, devant moi, brisé et suppliant, et que je n'ai pas la force de le repousser. Parce que je sais ce que c'est que d'être seul, abandonné, désespéré. Parce que je suis devenue un monstre, certes, mais un monstre qui se souvient encore de ce que c'était que d'être humain. Il m'embrasse avec une douceur qui contraste avec tout ce que j'ai connu dans cette maison. Ses lèvres ne sont pas brutales comme celles d'Hadrien, elles ne sont pas conquérantes comme celles d'Augustin. Elles sont douces, tremblantes, hésitantes, comme s'il craignait de me briser en me touchant. Ses mains caressent mon visage avec une délicatesse infinie, ses doigts suivent le contour de mes joues, de mes tempes, de mes lèvres, comme s'il voulait graver chaque
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