VERSUS IIJe n'avais pas mis les pieds dans cette pièce depuis son départ. Par lâcheté, peut-être. Par déni, sûrement. Je me disais que c'était temporaire, que la colère finirait par retomber, qu'elle reviendrait comme elle était partie : silencieusement, sans fracas, sans exiger autre chose que ce que j'étais prêt à lui donner.Mais ce matin, en cherchant une cravate pour une réunion que Daria avait insisté pour que je ne rate pas, j'ai ouvert la porte et j'ai compris.Le dressing était vide.Pas en partie. Pas arrangé. Vide.Les étagères où ses pulls soigneusement pliés occupaient un espace précis, les cintres où pendaient ses robes que je ne regardais jamais vraiment, les tiroirs où elle rangeait ses bijoux dans des petits sachets de tissu... tout avait disparu. Il ne restait que des cintres nus, alignés comme des squelettes. Des étagères vides où la poussière commençait déjà à s'installer.Je suis resté immobile sur le seuil, la main encore sur la poignée, et j'ai senti quelque ch
Read more