VERSUS IILa maison était silencieuse. Pas le silence apaisant des fins de journée, pas celui des pièces endormies. Un silence vide, creux, comme un puits sans fond. Celui qui reste quand on a tout emporté, même les échos.J'avais erré dans les pièces pendant des heures, incapable de trouver le sommeil. Le salon, avec ses fauteuils trop grands, trop vides. La cuisine, où elle s'asseyait chaque matin avec son café, les yeux encore gonflés de sommeil. L'entrée, où ses chaussures s'alignaient autrefois avec une rigueur presque militaire, comme si elle voulait prouver qu'elle pouvait être ordonnée, parfaite, invisible.Maintenant, je me tenais devant la porte de son ancien dressing. Celui qu'elle avait vidé, pièce par pièce, sans faire de bruit. Les étagères nues. Les cintres vides. L'absence de ses robes, de ses pulls, de ses parfums qui flottaient dans l'air comme un fantôme.J'avais ouvert le dernier tiroir, celui que je n'avais jamais regardé
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