Ma paume se pose sur son bras. Le tissu de sa veste est froid, rugueux. Dessous, les muscles sont durs, contractés, comme ceux d'un homme prêt au combat. Je sens la chaleur de son corps à travers l'étoffe, une chaleur sourde, animale, qui me fait battre le cœur plus vite. J'attends une réaction. Un regard, un mot, un geste. N'importe quoi qui prouve qu'il me voit, qu'il me sent, qu'il sait que je suis là.Rien. Ses yeux sont toujours fixés sur la porte, cette porte du salon de thé qui donne sur la rue, cette porte qui ne s'ouvre pas, qui ne s'ouvrira plus. Il ne me regarde pas. Il ne regarde que l'absence. Il ne voit que le vide.Ma main se retire, lentement. Mes doigts glissent sur le tissu, réticents, comme s'ils espéraient encore qu'il les retienne. Il ne les retient pas. Le froid de la solitude m'envahit à nouveau, plus vif, plus mordant. Je ravale la boule qui monte dans ma gorge. Je ne pleurerai pas. Je n'ai jamais pleuré. Mon père disait que les la
Last Updated : 2026-06-28 Read more