Chapitre 19NaomiLa nuit a été longue, interminable, peuplée de cauchemars où je courais sans fin dans les jardins obscurs, poursuivie par des balles qui sifflaient à mes oreilles. Quand l'aube se lève enfin, grise et pluvieuse, je suis assise sur le bord de mon lit, les bras autour de mes genoux, incapable de dormir, incapable de penser à autre chose qu'à ce tireur, à ces détonations, à cette mort qui a frôlé ma joue.Des bruits dans le couloir me tirent de ma torpeur. Des pas lourds, des voix étouffées, puis la porte s'ouvre. Matteo entre.Il est couvert de sang. Sa chemise blanche est maculée de taches écarlates, ses mains sont rouges, et son visage, ce visage de marbre que je connais trop bien, est creusé par la fatigue et la fureur. Il ne dit rien. Il s'assied lourdement sur la chaise près de la fenêtre, et c'est là que je vois la plaie. Une entaille profonde entaille son épaule, près de la clavicule, et le sang coule encore à travers le tissu déchiré, sombre, presque noir dans
Última atualização : 2026-07-16 Ler mais