Chapitre 28MatteoJe reviens à la vie par fragments, par éclats de conscience qui percent le brouillard de l'inconscience comme des rais de lumière à travers un voile épais. La douleur d'abord, une douleur sourde, lancinante, qui pulse dans mon épaule et dans ma poitrine au rythme de mon cœur, une douleur qui est presque rassurante parce qu'elle signifie que je suis vivant, que je n'ai pas franchi la porte noire, que je suis encore de ce monde. Puis les sons, étouffés, lointains, des voix qui chuchotent, un pas feutré sur un tapis, le tic-tac d'une horloge. Et puis l'odeur, une odeur que je reconnais entre toutes, une odeur de lavande et de savon, une odeur douce et familière qui me rappelle des souvenirs que je croyais enfouis à jamais.J'ouvre les yeux lentement, difficilement, les paupières lourdes comme du plomb, et la première chose que je vois, c'est elle. Naomi est là, assise dans un fauteuil qu'on a rapproché de mon lit, la tête penchée sur l'accoudoir, les mains croisées sur
Zuletzt aktualisiert : 2026-07-16 Mehr lesen